Ces terres minées

 

 

Pour avoir aimé d’une main tes caresses,

Quand soudain de l’autre, masquée et vengeresse,

Maintes fois, tu poignardas mon cœur dévoué,

Je resterai à jamais, ton mutilé.

 

N’est-il pas alors légitime de se replier,

Quand sous nos pieds la terre se fissure,

De ses salves de lave impure,

Elle crache, en toute impunité.

 

Mais pourquoi donc s’obstiner,

Quand le terrain est rongé,

Si ce n’est pour se suicider,

De n’avoir que trop donné ?

 

Dans ces sombres marais cages,

Ce bourbier aux mille carnages,

Qui pourrait bien s’y baigner,

En dehors du Diable déguisé ?

 

Pour en avoir trop fréquenté,

J’en connais aujourd’hui l’antidote,

Fuir pour mieux se vacciner,

De ces terres minées, c’est ma riposte.

 

ã alexein 2003