Déliquescence

 

Turner

 

 

Tu es cette épave triste,

Entre vagues antagonistes,

La vie qui se brise,

La mort qui t’enlise.

 

Aux prémices de l’éternité,

La rose des sables s’est fanée,

Tu erres sans direction,

Labyrinthe sans solution.

 

Ton âme s’est déjà échappée,

Ton corps est resté prisonnier,

Des profondeurs abyssales,

De la déliquescence fatale.

 

Ange aux ailes noires,

Cesse donc de faire le guet,

Regarde-le dans ton miroir,

Y vois-tu encore un reflet ?

 

Tu es cette épave inondée,

Qui s’altère un peu plus chaque jour,

Il n’y a ici qu’une vérité :

Le sel ne ronge pas l’amour.

 

© Alexein 2004