Dialectique de l’attrition

 

 

« Jeune soldat russe blessé » André Sugnaux

 

 

 

A la sortie d’un labyrinthe,

L’Echec rencontra le Regret,

Pour lui faire entendre sa plainte :

Impossible de refaire le trajet.

 

« Je sais que je ne saurais revenir,

sur mes pas chargés de souvenirs,

J’ai perdu le fil de mon existence,

A toi Regret je demande audience »

 

Bien étonné d’apporter assistance,

Le Regret chagriné approcha,

D’une larmoyante confidence,

Les yeux bandés il répliqua :

 

« Ne crois-tu pas qu’il est pire,

De se voir si impuissant,

S’être trompé sans accomplir,

Rend l’avenir si effrayant ».

 

Terrorisé par cette réponse,

L’Echec se volatilisa,

Ne laissant au Regret qu’une once,

De son propre désarroi.

 

Si le premier nous fait grandir,

Et que le second nous entache,

Des deux je ne peux que dire :

Ce que l’Echec brise, le Regret s’y attache.

 

 

© Alexein 2005