Ego isthme

 

 

 

 

Comme cette langue de terre isolée,

Tu râpes ces rouleaux déchaînés,

Trônant seul au milieu de nul part,

Sur ton île dont tu es le bagnard.

 

Tu es le pire ennemi du bonheur,

L’antichambre de la douleur,

Allongé, tu t’étires lentement,

Même les vagues te contournent prudemment.

 

Se plaindre de celui des proches,

Sans jamais oser regarder le sien,

Reviendrait à ouvrir l’encoche,

Où chère madame Vanité geint.

 

Et lorsqu’une ancre voudrait mouiller,

Sur tes émouvantes plages désolées,

Le sable blanc et chaud en mirage,

Est mouvant pour achever l’échouage.

 

Tu es ce poi(s)son rebelle au partage,

Comme ces requins qui attendent les naufrages,

Con damné aux rancœurs expiatoires,

Tu rêves à l’Amour sans vraiment trop y croire…

 

©Alexein 2004