Er rend son âme.

 

 

 

 

Mort sur les champs de bataille,

Toi Er, le guerrier Pamphylien,

Tu ne voulais pas que ton corps s’en aille,

Aimer la vie, mourir pour rien.

 

Dans ce manège aux résurrections pressées,

De ton corps déchu, tu vis par centaines,

L’envol dolent des âmes en peine,

La descente béate des âmes comblées.

 

Périple au long cours dans ce désert du Léthé,

Où dévalent plaignantes ces âmes traumatisées,

Par leurs vies souillées et opaques, furent assoiffées,

Mais au fleuve Amélès, purent se désaltérer.

 

Quel dilemme pour ces êtres célestes,

Boire l’eau de l’oubli ou se souvenir du passé,

Pour mille années le tartare ou bien réincarnés,

Mais toi Er, des Dieux, tu fus l’Empêché.

 

Tu te croyais mort et déjà pensionnaire,

Du royaume d’Hadès tu aperçus les lumières,

Mais c’est en te réveillant sur ton propre bûcher,

Que cette divine erreur te fut ainsi révélée.

 

Tu es maintenant l’âme d’Or des lames,

Car tu connais le secret de ton Dieu,

Tu le lis comme il lit en ton âme,

Tu en es son ange-témoin silencieux…

 

 

 

Insipiré du Mythe d’Er de Platon, La République X.

 

 

ã alexein 2003

 

Retour