Fremitus

 

© Denis Desjarlais

 

 

Aussi brutale que mon air est farouche,

Je peux détruire tout ce que je touche,

Aussi folle que mon air est charmant,

Je peux bien répandre l’aberrant.

 

Innocente boule de songes,

Qui grossit plus vite que tempête,

Je roule sur la voie du mensonge,

Aussi vite que toutes ces starlettes.

 

D’un éphémère presque rien,

Je fais un formidable presque tout,

D’un minuscule rien du tout,

Je vous contrains au tout ou rien.

 

Si par malheur un de vos beaux jours,

Je vous touche du bout de mon doigt,

La plaie sera ce fier tambour,

Qu’à tout jamais résonnera.

 

Toute la force que vous usez,

Pour me combattre et me défier,

Innocemment, vous achèvera,

Fatalement, sans le moindre embarra.

 

Car pour m’éteindre il faut une chose,

Que bien trop peu d’hommes ne disposent :

C’est dans le temps que je me noie,

Moi la Rumeur du je-ne-sais-quoi. . .

 

© Alexein 2005