Hommage

 

Susan Lee

 

 

Tu pars loin des terres qui furent celles,

Où flamboyait dans nos cœurs de dentelle,

L’azurage d’un amour étincelle,

Qui déchire nos vies par un duel.

 

Aussi haut que la colombe vole,

Les vautours affamés s’affolent,

Ils dévorent jusqu’aux cendres l’idole,

D’une paix soutirée sans parole.

 

Nos corps peuvent enfin s’affûter,

Dans cette lutte à couteaux tirés,

On s’aiguise l’un à l’autre ulcérés,

Par nos propres blessures infligées.

 

Ton regard noir se reflète dans l’abîme,

Du souvenir où je puise ces rimes,

Plus j’y descends et plus je m’y noie,

Nage en eau trouble que j’aimais autrefois…

 

© Alexein 2005