L’aigle noir

 

 

Tu surgis maintes fois là où je ne t’attends pas,

Dans les gorges profondes de la montagne sacrée,

Du creux des vagues traîtres d’une mer torturée,

Dans l’ombre de notre étoile aux mille éclats.

 

Tu traverses ce ciel lourd en ange rédempteur,

A l’écoute du temps cruel qui égoutte ses pleurs,

Les nuages du bonheur qu’on croyait alors bannis,

Ouvrent maintenant sans crainte leurs beaux manteaux gris.

 

Tes yeux obscurs percent ardemment mes petits secrets,

Serres rentrées tes caresses sont sensuelles,

Mais elles s’envolent bientôt au matin indiscret,

Tu laisses notre amour transi battre de l’aile.

 

Tu venais de nulle part m’annonçait Barbara,

Un beau jour puis une nuit, lâchement tu t’enfuis,

Mon bel oiseau solitaire aux plaisirs ingrats,

C’est de ta frêle plume que j’écris ce sauf-conduit.

 

J’entends encore trompeter ton fascinant cri,

La mémoire a ses échos qui lui sont infinis,

Trois grands ronds triomphaux dans le ciel tu dessines,

Puis te poses sur l’épaule de nos vies clandestines…

 

 

© Alexein 2004