L’Amaurose

 

 

 

Il s’évertue doucement à t’aliéner,

Toutes ces heures trop longtemps consumées,

Où tu le sers, en aveugle esclave,

C’est de ta vie que de ses mains, il se lave.

 

Certes, il nous a fait vivre des heureux étés,

Tu dois maintenant te libérer de son emprise,

Ne ressens-tu pas ce qu’au fond il attise ?

Ce ne sont que les flammes de ton propre bûcher.

 

Si comme pour ton père, pieds liés, il t’emporte,

Pendu au-delà des frontières du labeur,

Alors les fièvres saigneront ta sueur,

Qu’est-ce que du sang de vie qui coule dans des veines mortes ?

 

Difficile de lui rendre ce qu’il t’a donné,

Quand c’est ta vie qu’il voudrait maintenant garder,

Heures après heures, il ravage ton temps,

Heures après heures, il m’en enlève autant.

 

Même s’il est vrai qu’hier, de lui j’étais fier,

Crois-tu que je le sois encore aujourd’hui ?

Quand il t’enlève à moi, à nous, je t’en supplie,

Je ne laisserai le Travail incinérer mon Père.

 

ã alexein 2003

 

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