L’aveu brisé

 

Le sommeil. Pierre Bonnard 1900

 

 

La douceur d’un instant partagé,

Aussi furtive qu’une pluie en été,

Vient assécher l’ondée de ma peine,

Ta main courtise l’âme incertaine.

 

Tu vois l’ombre et moi la lueur,

De la même futile seconde,

Deux rivales émotions s’apeurent,

L’affection devient vagabonde.

 

Nos regards se font insondables,

Pour bien enfouir le véritable,

Chacun ne sait lire qu’en son prochain,

Ses égoïstes désirs souterrains.

 

Voilà que mon sourire te rend triste,

Lui qui venait tant te dévoiler,

L’étoile de mer des amours utopistes,

Sur le rocher de tes peurs vient de sombrer.

 

Est-ce le voile noir de la déception,

Qui fait de mon cœur ta conviction ?

Il résonne contre lui-même,

Ne vient-il pas d’avouer qu’il t’aime ?

 

 

© Alexein 2006