La commune aux thés

 

 

 

Le thé noir pris en esclavage,

Brûlé,  roulé jusqu’à l’abattage,

Ne pouvait même plus se fumer,

En cette sélective société.

 

Le thé rouge, chassé de ses terres,

Ne put que filer à l’Anglaise,

Attendant des heures printanières,

Pour scalper ses frères de synthèse.

 

Le thé jaune, venu du Hunan,

Prit d’assaut tous les platanes,

Mais il se retrouva en péril,

Cantonné dans des bidonvilles.

 

Le thé vert, venu d’ailleurs,

N’exhalait quasiment pas d’odeur,

Il fut examiné à la loupe,

Et s’envola dans sa soucoupe.

 

Le thé blanc, de ses flairs supérieurs,

Fut persuadé d’être le meilleur,

Perché dans ses hautes plantations,

Il s’enivrait de ses propres effusions.

 

Après une tumultueuse torréfaction,

La commune aux thés procéda à l’élection,

Le thé blanc donné comme légitime prétendant,

Fut en fait de tous, celui qui dû infuser le plus longtemps !

 

ã alexein 2003

 

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