La source du condamné

Léandre noyé retrouvé par les
Néréides, Le Jeune, 1650
Donne-moi une aire
invisible,
Où je viendrais me crasher,
Montre-moi quelle est ma
cible,
Qu’enfin je puisse viser.
Lance au ciel mes profondes
peurs,
Qu’une à une je viendrais
tirer,
Regarde donc aussi l’heure,
A minuit je me serai tué.
Je déambule dans ce gouffre,
Comme un saltimbanque
effronté,
Peu m’importe si je souffre,
L’essentiel est bien
d’aimer ?
Jusqu’à la fin et sans
relâche,
A se perdre, à se noyer,
D’avoir bu à cette source,
J’en suis bien son condamné.
Tu ondoies de tes reflets
obscurs,
Submergé par tant de
souffrances,
Crois-tu l’Amour toujours
aussi pur,
Lorsqu’il présage la
déchéance ?
© Alexein 2005