Le Passé

 

Les funérailles d’Atala – Girodet 1808

 

 

Regarde-le qui s’installe,

Dans ta vie emplie d’absence,

Comme un étranger en mal,

De vivre sans influence.

 

Regarde-le qui se vide,

Tes larmes ne se retiennent,

Qu’au fil d’une vie aride,

D’amour, elles se souviennent.

 

Regarde-le qui te rattrape

Dans tes rêves quotidiens,

Aux portes de tes nuits il frappe,

Pour retenir tes lendemains.

 

Regarde-le qui s’attache,

Comme une ombre incertaine,

Qui voudrait jouer à cache-cache,

Entre tes joies et tes peines.

 

Regarde-le qui se répète,

Pour te garder auprès de lui,

Et ne pas mourir anachorète,

Etouffé par ton propre oubli.

 

Lorsque le futur ne fait plus rêver,

Souvent l’homme vient te chercher,

Et trouve en toi ce refuge secret,

Où coupé du monde, il disparaît.

 

On peut trouver l’avenir incertain,

Et aller d’étape en étape,

Mais c’est bien parce que le Passé nous retient,

Que notre présent nous échappe… 

 

 

 

 

 

 

© Alexein 2005