Le gardien des peines

 

Chargement du "Chant 6 : Le Cerbère" de Salvador Dali

Le Cerbère. Salvador Dali

 

Que penser du drapeau blanc,

Lorsqu’une main impure le brandit,

Que penser des sentiments absents,

Lorsque l’autre les prend pour acquis.

 

Comment aimer un arrache-cœur,

Qui de lui-même se sent maudit,

Et qui vendrait dans sa splendeur,

Toutes ses détresses réunies.

 

Donner sa souffrance en offrande,

C’est contaminer l’innocent,

La porter sur soi en amende,

C’est pour toujours en être garant.

 

Tu es le gardien du phare des peines,

Le féroce cerbère de la géhenne,

Tu jettes sur nous ta lumière infertile,

Comme le rayon de nos amours hostiles.

 

Si du haut de ta tour infâme, je refusais l’esclavage,

Je te jetterais le sortilège d’un écho de ton image :

A trop te regarder dans le miroir de tes peines,

Tu finirais bien par aimer à détester ta haine.

 

 

ã alexein 2003

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