Le paradoxe du danseur

 

 

 

L’imperfection des pas humains,

S’estompe soudain, lumière jaune,

Tu contorsionnes ces muscles peints,

En vagues d’aubades asynchrones.

 

Le geste est précis, insoupçonné,

Les secondes se regardent amusées,

En sœurs jumelles se correspondent,

Les allures se plaisent puis se fondent.

 

Mais lorsque la musique cesse,

Que les lumières deviennent noires,

Tu rhabilles ton corps d’altesse,

Dans les haillons du désespoir.

 

Tu perds l’équilibre du bonheur,

Tu trébuches d’hymens en rancœurs,

Tu chavires ton âme à la douleur,

Le grand jeté achève l’horreur.

 

Le paradoxe du danseur surgit,

Lorsqu’il devient son propre spectateur,

Un pas devant l’autre puis oublie,

Qu’ici la danse est celle des tueurs…