Le violoncelle aux vipères   

 

 

 

 

 

Dans une mystérieuse forêt,

Une nymphe musicienne jouait,

Des notes enchantées sur sa lyre,

Qui repoussaient au loin les satires.

 

Au bord du lac opalescent,

Un jour un grand soleil brûlant,

Assécha d’un coup les eaux pures,

Et au lac fit sa plus belle injure !

 

La nymphe ne pouvant plus se mirer,

Abandonna son instrument préféré,

Pour un vieux violoncelle démodé,

Qu’elle mania avec dextérité.

 

Une mélodie si extraordinaire,

Que soudain les cordes se muèrent,

En quatre longues vipères,

Qui sur le sol déferlèrent.

 

Creusant autant de puits,

Elles s’enfouirent dans le sol aride,

Quand la source soudain jaillit,

Le lac redevint splendide.

 

Mais depuis enracinées au fond du lac,

De grandes herbes aquatiques s’idolâtrent,

Ces longues algues qui rendent l’eau opaque,

Ne sont que nos vipères vêtues d’habits verdâtres . . .

 

 

 

Moralité : On ne retrouve jamais le même bonheur (lac), même en se sacrifiant…

 

 

 

ã alexein 2004

 

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