Les Bras de la honte

 

 

 Edvard  Munch

 

 

Tu regardes ton autre dans ce miroir,

Reflet du dégoût de ton âme mutilée,

Une musique douce vient à peine souligner,

Ces instants cérémoniels aux gestes expiatoires.

 

La lame caressante devient incisive,

Et glisse sur ce bras d’un trait accusé,

Tu dessines des formes si intuitives,

Que d’issantes larmes viennent perler.

 

Elles ravinent innocentes le chemin des souffrances,

Le chemin d’une enfance que tu voudrais rayer,

La mettre en lambeaux et la regarder tomber,

Comme ces morceaux de chairs sont ta vengeance.

 

Ta peau se quadrille, un trait rouge l’autre blanc,

Prisonnière éternelle des cicatrices du temps,

Tu assèches ton désespoir à coups de coton,

Puis camoufle d’une manche l’abomination.

 

Un dimanche d’automne à l’allure familiale,

Assise entre Père et Mère enfin tu dévoilas,

Ces bras de la honte comme dessert glacial,

Bon anniversaire ! Vous aimez le sang-froid ?

 

Renvoyer à ceux qui t’ont écorché,

La mémoire de leurs gestes infligés,

Ouvre l’unique et libératrice voie,

Car posséder sa punition c’est ériger sa propre croix.

 

 

 

© Alexein 2005