Les
larmes du silence

Picasso
Déjà
quatre heures que tes yeux comptent,
La nuit
étire son long mensonge,
Allongée
dans ce lit tu songes,
Aux durs
lendemains de honte.
Les
heures défilent comme tes souvenirs,
Trop vite
comme pour mal vieillir,
Perdue
dans ces draps sans partage,
Aller
simple pour un sombre voyage.
Enfin le
voilà qui s’achève,
Près de
toi il vient s’allonger,
S’endort
pour ne pas te parler,
Il
vagabondera tes rêves.
De
sensuelles empreintes passagères,
Bleuissent
ses veines volontaires,
Sa
chaleur persistante inflige,
Aux
ardeurs volées ton vertige.
Les
larmes du silence ravinent,
Tes rides
victimes et coupables,
De boire
encore l’inacceptable,
Comme une
délicieuse toxine.
Mélange
amer aux heures perdues,
L’un
contre l’autre, tu es vain cul,
Tu
voudrais tant aimer ce spleen,
Aucune
souffrance n’est anodine…
© Alexein 2004