Noces feras-tu ?

 

 

 

Poursuivi par le fantôme de ta fureur,

Tu es hanté par l’irréductibilité,

Des cendres de tes veufs malheurs,

Qui t’asphyxient en écran de fumée.

 

Feras-tu les noces de ces poussières aimées,

Autour de cette table vide, accoudé,

Plus d’espoir à boire dans ces destins brisés,

A quoi bon vivre si personne à tuer.

 

Tu contemples les ruines de ton désarroi,

Souriant et fier, pendu à tes convictions,

Celles qui naissent du miasme de tes illusions,

Riotant comme un fou à la recherche de son roi.

 

Feras-tu les noces de ta misériCorde,

Celle qui te sourit là-haut sur sa potence,

Pas d’inspiration pour ton dernier exorde,

Même plus un seul bourreau pour ta délivrance.

 

La lame se plie sur ta peau de chagrin,

La flèche se brise sur ton cœur de pierre,

Le fléau d’armes s’endigue sur ton cœur d’airain,

Les crocs ne mordent plus dans cette poussière.

 

Feras-tu les noces de boue ou bien de poison,

Celles qui consacreraient ta funèbre oraison,

En sentence ultime, tu seras immortel,

Pour qu’en toi seul s’use ce mal éternel.

 

 

©Alexein 2004