La Fatalité

 

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Un jour, près de la rivière, un scorpion s’arrêta,

Voulant gagner l’autre rive, il s’interrogea,

Comment un scorpion malin pourrait-il bien faire,

Pour traverser ces eaux sans qu’elles soient un cimetière ?

 

Non loin de la rive, il aperçut une reinette,

Croassant fièrement du haut de son nénuphar,

Bien décidé, il en appela à ses égards,

Voyant en elle une sympathique barquette.

 

Expliquant qu’il voulait changer de zone,

La petite roussette fut terrorisée,

A la simple idée d’être transpercée,

Par le dard de cet habile androctone.

 

« Mais pourquoi donc te piquerai-je,

Toi qui me ferais si vite traverser,

Que tu périsses dans ce piège ?

Mais j’en serai comme toi condamné !»

 

Qu’elle eût hésité pendant plusieurs heures,

N’étonna point vraiment son sage passager,

Convaincue qu’il n’était pas imposteur,

Sur son dos, elle l’invita à monter.

 

Parvenue à mi-course, étonnée,

Elle sentit le scorpion l’éventrer,

Lui demandant pourquoi les suicider,

Il lui expliqua de son air amusé :

 

« Même si mes paroles t’ont poussé à conclure,

Que la logique obligeait ma confiance,

Ton instinct savait que piquer était dans ma nature,

Parfois Nature et Raison ne forment pas d’alliance. . . »

 

Inspiré de la nouvelle d’Orson Welles ‘Mr Adarquin’

 

 

ã alexein 2003

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