L’infidèle

 

 

Je t’ai quittée il y a longtemps,

Je t’ai trahie bien trop souvent,

Toi qui pensais être mariée,

Au plus fidèle des bien-aimés.

 

On s’est recroisé certaines fois,

Dans ces nuits aux matins tristes,

Ou bien encore sous les croix,

De ces amants si égoïstes.

 

Tu pensais m’offrir ton chemin,

En me tendant ta vieille main,

Tes belles tempêtes de silences,

Un monde rompu par ta patience.

 

Lorsque tu es volontaire,

Tu es ma prison secrète,

Tes barreaux sont lumière,

Tes murs, mon interprète.

 

Lorsque tu es obligatoire,

En vaincu je m’offre au néant,

Dans ton gouffre purificatoire,

Tu m’accouches languissamment.

 

Je peux maintenant te l’avouer,

ô combien j’aime te tromper,

Te regarder errer comme une âme en peine,

Balayer tes suicidés quand la lune est pleine.

 

Tu restes toujours ma chimère,

Cachée dans l’ombre de ma colère,

Mais je me joue de tes vicissitudes,

Toi ma présomptueuse Solitude.

 

ã alexein 2003

 

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