Le rêve du géant

Je suis cet homme aux yeux
éteints,
Qui vous regarde mais ne
voit rien,
Du haut de deux mètres
quatre-vingts,
J’ai le vertige des jours
sans fin.
A mon étage, on est
au-dessus,
On est même sans dessous
dessus,
Comment dire j’t’aime sans
être déçu,
A quelqu’un qu’on n’a même
pas vu ?
Je ne suis même pas à la
hauteur,
Pour les comprendre en ma
demeure,
Croiser leur regard
d’enchanteur,
Faudrait que je prenne un
accroche-cœur.
Je pourrais bien sûr me
plier,
A leurs désirs démesurés,
M’incliner devant leur
majesté,
Mais rien n’y change même à
moitié.
Pour abaisser mes prétentions,
Je n’ai trouvé qu’une seule
idée,
Chacun a ses propres
ambitions,
Moi, je rêve que je suis
pygmée !
© Alexein 2005