Noland

 

 

 

J’ai vu pleurer les arbres à Birkenau,

De leurs racines sevrées par l’abominable,

Condamnés à vivre sur l’inconcevable,

Ils effeuillent leur peine en sanglots.

 

Là-bas l’automne est inutile,

Les feuilles tournent toujours au rouge,

Elles scellent cette terre de périls,

Noland où jamais plus rien ne bouge.

 

Noland ou ton pire cauchemar,

Même la peur s’est pétrifiée,

Glacée dans chacun des regards,

Photos souvenir, vous en voulez  ?

 

Les horreurs dues à leur sang,

Les honneurs dus à leur rang,

La conscience humaine porte ce fardeau,

Qu’elle voudrait enfouir dans un autre tombeau.

 

J’ai vu pleurer les arbres à Birkenau,

D’un mirador encore au garde-à-vous,

Abandonné sans aucun garde-fou,

J’ai sauté dans mon propre caveau. . .

 

ã alexein 2003

 

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