Peine perdue

 

Roger délivrant Angélique, Ingres 1819. Louvre.

 

 

Enchaînée au roc de mes remords,

Mes mains sont liées par le désespoir,

Que ce ciel pardonne tous mes torts,

Sonne l’heure du réquisitoire.

 

La peur vient gronder sur les falaises,

 Brisant son acescente écume,

Je sens les vagues de ce malaise,

Entretenir mon amertume.

 

Monstre marin, gardien des peines,

Tu m’emprisonnes dans mes tourments,

C’est bien mon sang qui coule en tes veines,

Tu es le dévoué de mon châtiment.

 

Soudain l’hippogriffe libérateur,

Déchirant ce funèbre ciel,

Apparaît comme l’ange aux leurres,

Tu viens combattre mon essentiel.

 

Ne savais-tu pas que j’habitais ici,

Que cette demeure était mon paradis ?

C’est moi qui ai attaché mes mains,

J’ai jeté la clé dans mon plus beau chagrin…

 

 

© Alexein 2006